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 Le jury du concours "Dire le non-visuel"

 
Le jury du concours Dire le non-visuel pour le bicentenaire de Louis Braille se réunira le jeudi 19 mars 2009 sous la présidence conjointe de Mme Audrey Pulvar, journaliste à France Télévisions, voyante, et de M. Jean-Paul Guerlain, parfumeur, déficient visuel. Il sera composé de Mme Anne Chotin, professeur de lettres, aveugle ; M. Carl Havelange, anthropologue de l’université de Liège, voyant ; Mme Sophie Massieu, rédactrice en chef de Faire face, aveugle ; Mme Danielle Montet, philosophe de l’université de Toulouse, aveugle ; Mme Sophie Saint-Marc, libraire, voyante ; M. Bertrand Verine, linguiste de l’université de Montpellier, aveugle.
18 textes seront distingués, dont cinq premiers prix sur les 135 participants. La proclamation des résultats aura lieu samedi 20 juin 2009 de 14h à 15h à Coupvray.

 

(communiqué)

DEUX BOURGUIGNONS À L’HONNEUR
POUR LE BICENTENAIRE DE LOUIS BRAILLE

 

Samedi 20 juin à 14h, à l’hôtel New-York d’Eurodisney (Marne-la-Vallée), sera proclamé le palmarès du concours d’écriture Dire le non-visuel pour le bicentenaire de la naissance de Louis Braille, dans le cadre du congrès international Déficients visuels 2009. Parmi les cinq lauréats, seront honorés un habitant de Charnay-lès-Mâcon (71) et une habitante de Toucy (89).
Contacts :
Fédération des Aveugles de France, Farida Saïdi, 06 48 20 96 54 ;
Bertrand Verine, 04 67 79 04 75 ;
www.cinal-dv2009.fr

Stéphane GANTELET
À PROPOS DES TROPHÉES DIRE LE NON-VISUEL

Je suis parti d’une analyse primaire des choses : le volume existe pour l’œil grâce au clair / obscur et donc à la lumière. Pour le toucher, le volume existe de manière très spécifique et différente : ce que le toucher propose, ce n’est pas une représentation à distance et changeante d’un volume en fonction de l’avancement du jour, mais une expérience physique de la géométrie du volume. L’outil de cette expérience est le doigt, avec cette pulpe que Louis Braille a eu l’idée d’utiliser pour créer son alphabet.


     Depuis quelques années maintenant, je plie du papier. J’ai récemment franchi une nouvelle étape puisque, grâce à un outil logiciel, je conçois des volumes virtuels que j’ai appris à déplier pour les imprimer. J’obtiens ainsi une sorte de patron de mon volume. Je le plie à nouveau, mais « pour de vrai » avec un papier relativement fin et j’obtient la forme que j’ai imaginée, augmentée des variations et autres marques de travail que le pliage a laissé sur le papier. La décomposition en plans qui s’opère par le pli dans ce type de volumes est d’un intérêt très fort pour moi, car ils décomposent le clair / obscur en valeurs de gris nettement distinctes d’un plan à un autre.


     Cependant, étant donné la dimension voyant / non-voyant du concours de nouvelles, il fallait que cet intérêt soit immédiatement perceptible aussi par le toucher. C’est pourquoi j’ai imaginé un doigt composé d’environ 90 polygones triangulaires dont les facettes sont obtenues par un pliage créant une sorte de légère saillie le long du pli d’un plan à l’autre. Tous les plis sont connectés entre eux et proposent différents chemins que le doigt peut suivre. Puisque la géométrie de chaque plan est différente, chaque plan possède une valeur différentes dans l’expérience de la géométrie que le doigt effectue en le touchant. Il est alors « capté » par le pli vers un autre plan, ou peut choisir de poursuivre son voyage de pli en pli.


     Pourtant, si j’ai choisi de mettre en avant la dimension symbolique du doigt dans l’invention de Louis braille, cette description n’est que le point de départ du projet, puisque ce doigt contient les cinq trophées. En effet, le volume à facettes du doigt s’ouvre en quatre sections verticales, dévoilant en son centre un cinquième élément sur lequel est reproduit l’alphabet braille. Je trouve assez réjouissant que le caractère très narratif de l’ensemble colle au plus près du sujet, mais qu’une fois les trophées remis, il acquière une dimension beaucoup plus abstraite pour celui qui le découvre hors contexte. Reste le plaisir de faire courir son doigt sur une surface dont les plis, très ordonnés, racontent une forme qui n’est pas sans rappeler le doigt du sculpteur César.

 

Trophée réalisé par Stéphane GANTELET